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Ce dossier original est un véritable plongeon dans le temps passé :
En effet, nous vous proposons de découvrir ce que les compiégnois en leur temps ont pu lire dans le journal local « le Progrès de l’Oise » à l’occasion d’évènements historiques importants . Ces journaux ont été numérisés par les services des Archives municipales de la ville de Compiègne et vous pouvez les consulter dans leur version intégrale.
Vous y trouverez également les potins, les petites annonces et les faits divers , une occasion de vous immerger dans la vie quotidienne de ces différentes époques.
En complément nous rappelons pour chaque évènement le « Contexte historique » , et nous vous pilotons dans le journal pour vous aider à trouver les articles intéressants grâce à l’encart « Ce que vous découvrirez dans le journal »
Cette liste d’évènements pourra être complétée par la suite selon votre demande ou les opportunités de l’actualité.
Cliquez sur le dossier que vous voulez ouvrir :
Journal à télécharger
Journal du 23 octobre 1847 : L'inauguration de la gare de CompiègneCe que vous découvrirez dans ce journal
– Voir page 2 colonne 2 : Revue départementale – Compiègne, l’article sur l’arrivée du chemin de fer et le récit de l’inauguration
– Voir page 4, colonnes 4 et 5 : l’horaire des bateaux à vapeur de l’Oise et l’Aisne
Le contexte historique
Compiègne, depuis le moyen-âge a toujours été un noeud de communication. La ville n’a pas attendu le chemin de fer pour connaître un intense trafic. Matières premières et produits industriels (charbon, fer, laine), mais aussi denrées agricoles (blé, pommes de terre, sucre), s’y échangent activement. Soit par la route, puisqu’à Compiègne passent trois nationales. Soit par voie d’eau, puisque l’Oise est navigable, et l’Aisne canalisée depuis 1841. Il y a même plusieurs ports : à bois, à plâtre, et à vin. Et depuis 1838, deux bateaux à vapeur desservent Le Pecq et Soissons.
Mais s’il faut six heures à une voiture rapide pour rallier Compiègne, deux ou trois seulement suffisent à un train. C’est dire que la Compagnie du chemin de fer du Nord, constituée à l’initiative de James de Rothschild, est vite florissante. Bonne affaire que l’adjudication qu’elle a emportée en 1845 : la mise en place des infrastructures relève de l’État (terrassement, ouvrages d’art) ; la compagnie, elle, met en exploitation les lignes de Paris à Bruxelles, et de Paris à Saint-Quentin. Elles relient donc des régions très urbanisées, très développées, à l’échelle nationale et européenne.
L’attente des actionnaires ne sera pas déçue : le Second Empire est l’époque des beaux dividendes. Ils doublent de 1851 à 1859, alors que les voies n’augmentent que de moitié. Napoléon III n’y est d’ailleurs pas étranger. Depuis 1850 se multiplient les « trains de plaisir » qui déversent à Compiègne les Parisiens en goguette. Or, plus les séjours de la Cour se prolongent, plus la foule gonfle, En 1869 par exemple, la Cour séjourne soixante-neuf jours au palais, et le roi de Prusse y est reçu. Cette année-là, 125 000 voyageurs font le déplacement.
Compiègne, grâce à Napoléon III et aux Séries, renoue donc avec les heures fastes de l’Ancien Régime. La présence de la Cour est un honneur. C’est aussi un pactole.
Texte d’Eric Georgin,extrait de « Mémoire de Compiègne », ed. J. Marseille
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Le journal du 9 décembre 1848 : le "Progrès" critique violement Louis NapoléonLe journal du 13 décembre 1848 : l'après-campagne
Ce que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 9 décembre :
Voir page 1, colonnes 1,2 et 3, l’appel du journal à voter en faveur du général Cavaignac et les violentes critiques proférées à l’encontre du candidat Louis Bonaparte
Voir page 3, colonnes 1 et 2, l’actualité compiégnoise des élections critiquant le candidat Louis-Napoléon Bonaparte
Parcourir page 4, les Annonces et découvrir le monde d’alors
Journal du 13 décembre :
Voir page 1, colonnes 1 et 2, la proclamation des résultats nationaux
Voir page 2, colonne 3, les résultats du canton de Compiègne, où Louis-Napoléon l’emport à 86 % de votes favorables
Finir par la page 3, colonne 1, avec l’annonce de deux suicides à Senlis
Le contexte historique
Le 22 février 1848 à l’occasion d’un banquet protestataire, des manifestants sont tués par des soldats qui gardaient le ministère des Affaires étrangères, provoquant émeutes et barricades dans Paris. Le roi Louis Philippe, refusant de réprimer la révolte, abdique en faveur de son petit fils, le comte de Paris. Les députés républicains, dont la plupart sont de modérés (Lamartine, Arago) refusent et créent un gouvernement provisoire. Le 24 février, le gouvernement proclame la République à titre provisoire. Ils rétablissent le suffrage universel masculin, mettent fin à l’esclavage dans les colonies françaises. Certains sont partisans de réformes sociales (Louis blanc) et font adopter le 27 février la création des ateliers nationaux pour résorber le chômage, la journée de travail de10 heures.
Mais de nombreux notables, heureux de l’éviction de la royauté, pensent pouvoir enfin reconquérir le pouvoir politique et se rallient à la République. Mais ils sont inquiets des réformes sociales.
Les élections du 23 avril 1848 doivent former une assemblée constituante ; La nouvelle assemblée est dominée par les républicains modérés, au nombre de 500, suivis des monarchistes qui représentent 200 députés ; Un seul socialiste, Barbès, est élu.
En juin 1848, le Paris populaire entre en insurrection ; celle ci est durement réprimée par le général Cavaignac ; les ateliers nationaux sont fermés et plus de 4000 insurgés sont déportés en Algérie. L’hypothèse d’une république sociale étant écartée, la majorité de l’assemblée soutient le gouvernement du général Cavaignac, républicain conservateur et autoritaire. L’assemblée constituante vote le 4 novembre le texte d’une constitution : le président de la République, élu au suffrage universel masculin pour quatre ans non reconductibles, est le chef de l’exécutif ; une Assemblée législative élue pour 3 ans vote les lois en contrôle le gouvernement.
Pendant l’été 1848 les élections municipales et cantonales d’aout et de septembre, montrent une évolution de l’électorat. Plus de 35 000 maires et adjoints élus (sur 65 000) occupaient déjà ces fonctions sous la Monarchie de Juillet. Les élections législatives des 17 et 18 septembre confirment l’évolution : dans treize départements, sur dix-sept députés élus, quinze sont monarchistes.
L’automne est occupé par la préparation de l’élection présidentielle prévue pour le 10 décembre 1848 ; les républicains se partagent entre plusieurs candidatures (Cavaignac, Lamartine, Ledru-Rollin). Les socialistes présentent Raspail. Le « Parti de l’Ordre » se range presque unanimement derrière Louis-Napoléon Bonaparte. Celui-ci, fils de Louis Bonaparte et d’Hortense de Beauharnais, neveu de Napoléon, a tenté à 2 reprises en 1836 à Strasbourg puis en 1840 à Boulogne de soulever les garnisons contre le roi ; ces piteuses tentatives se sont soldées par un emprisonnement au fort de Ham d’où Louis-Napoléon s’est enfui en 1846. Le 4 juin, candidat à l’Assemblée nationale constituante, et bien que ne résidant pas en France, Louis-Napoléon Bonaparte est élu dans quatre départements (Seine, Yonne, Charente inférieure et Corse). Il décide alors de se présenter aux élections législatives intermédiaires du 17 septembre 1848. Candidat dans les 4 départements qui l’avaient déjà élu en juin, il est aussi candidat en Moselle ; élu dans ces 5 départements, il obtient en tout 300 000 voix provenant également des départements de l’Orne, du Nord et de la Gironde où il n’était pourtant pas candidat. Il rentre alors en France et s’installe à Paris. Il décide de se présenter à l’élection du Président de la République. Durant la campagne qu’il fait financer par son amie anglaise, Miss Harriet Howard, et par le marquis Pallavicini, il prend de nombreux contacts (Proudhon, Odilon Barrot, Charles de Montalembert …) et parvient à recevoir le soutien du Parti de l’Ordre, à commencer par Thiers, mais aussi celui de Victor Hugo. Le résultat est sans appel : Louis Napoléon obtient plus de 74 % des suffrages exprimés, Cavaignac, arrivé second, n’ayant que 19 % des voix.
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Journal du 6 décembre : la presse est suspendueJournal du 17 décembre : Louis-Napoléon prend le pouvoir
Ce que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 6 décembre :
Voir page 1, quatre jours après le coup d’état, la presse est suspendue et le journal se borne à publier les petites annonces
Journal du 17 décembre :
Voir page 1, la levée de l’interdiction de publier pour le « Progrès de l’Oise »
Voir page 2, colonne 3 –Département de l’Oise, l’adresse du préfet de l’Oise aux habitants pour les rassurer
Voir page 3, colonne 1 – Compiègne , l’organisation des élections des 20 et 21 décembre
Le contexte historique
Depuis qu’il a été élu au suffrage universel avec 74% des voix, avec le soutien du Parti de l’Ordre « président des Français » en 1848 contre Louis Eugène Cavaignac, Louis-Napoléon Bonaparte s’est retrouvé en confrontation politique perpétuelle avec les députés de l’Assemblée nationale. La constitution établissant la non-rééligibilité du président, Louis-Napoléon doit légalement quitter le pouvoir en décembre 1852. Comme les élections législatives doivent avoir lieu la même année, l’assemblée avait voté le principe de tenir les deux élections à la même date, au printemps 1852, soit 7 mois avant la fin théorique du mandat présidentiel.
Au début de l’année 1851, la classe politique dans son ensemble, à l’exception des républicains, est cependant convertie à l’idée d’une révision constitutionnelle pour supprimer la clause de non-rééligibilité du président de la république, le risque de voir Louis-Napoléon se représenter illégalement et remporter la majorité des suffrages populaires étant réel.
Le 21 juillet 1851, au bout d’un mois de débat, l’Assemblée se prononce sur la réforme constitutionnelle. Bien qu’obtenant une majorité de 446 voix en sa faveur contre 278 voix opposées, la révision constitutionnelle n’est pas adoptée, faute d’avoir obtenue plus de 3/4 des suffrages des députés, seuil exigé par la constitution.
Si les rumeurs de coup d’État avaient commencé à circuler au début de l’année 1851, c’est à partir de l’échec de la révision constitutionnelle que la certitude d’une épreuve de force, dont l’initiative partirait de l’Élysée, s’impose dans le grand public. Celle-ci est minutieusement préparée à partir du 20 aout 1851 à Saint-Cloud. Les initiés étaient peu nombreux et regroupés autour du duc de Morny.
Conseillé par Morny, Louis-Napoléon entend redemander à l’Assemblée nationale de rétablir le suffrage universel et d’abroger ainsi la loi électorale de 1850. Léon Faucher, qui refuse de soutenir l’initiative présidentielle, démissionne le 12 octobre suivi des autres ministres du gouvernement. Un nouveau cabinet est formé le 27 octobre comprenant 3 représentants de l’Assemblée et le général de Saint-Arnaud, nommé au ministère de la Guerre. Ce dernier rappelle aux militaires leur devoir « d’obéissance passive », le 1er novembre 1851, par une circulaire qui demande de « veiller au salut de la société ». D’autres proches sont placés aux postes clés : le général Magnan est nommé commandant des troupes de Paris ; le préfet de la Haute-Garonne, Maupas, est promu préfet de police de Paris en remplacement de Carlier.
Pendant ce temps, la proposition d’abrogation de la loi électorale est déposée à l’Assemblée le 4 novembre 1851. Elle est rejetée le 12 novembre par 355 voix contre 348, soit seulement par 7 voix de majorité.
Alors que des députés demandent la mise en accusation du président de la république, Thiers et ses amis tentent de réactiver un décret de la constituante, tombé en désuétude, qui donnait au président de l’Assemblée le droit de requérir directement l’armée sans avoir en référer au ministre de la guerre. Pour Louis-Napoléon, c’est une déclaration de guerre et un plan d’action est immédiatement mis au point pour mettre l’assemblée en état de siège au cas où une telle loi serait adoptée. Elle est finalement repoussée par 408 voix (la majorité des républicains, les bonapartistes et de nombreux royalistes) contre 338 (la majorité des Orléanistes et des Légitimistes).
Convaincu de la nécessité d’un coup d’État du fait des derniers refus de l’Assemblée, Louis-Napoléon le fixe lui-même pour le 2 décembre, jour anniversaire du sacre de Napoléon en 1804 et de la victoire d’Austerlitz en 1805. L’opération est baptisée Rubicon, par allusion à Jules César.
Arrestations, expulsions hors de France, déportations (surtout en Algérie), répression de toute manifestation hostile, passivité des faubourgs ouvriers, permirent son succès. Le plébiscite des 11 et 22 décembre 1851 approuva ce coup d’État à une écrasante majorité. Une constitution, le 14 janvier 1852 –imitée de celle de l’An VIII de la République- fit du président un véritable monarque et l’Empire put être officiellement établi le décembre 1852, après une tournée triomphale en France et avoir proclamé à l’Europe « l’empire c’est la paix ! » Un autre plébiscite rétablit l’Empire et Louis-Napoléon est proclamé empereur le 2 décembre 1852, après son entrée solennelle dans Paris.
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Journal du 20 juillet 1870, l'entrée en guerre contre l'AllemagneJournal du 30 juillet 1870, la guerre
Ce que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 20 juillet :
Parcourir page 2, colonnes 2 3,4,5 et 6 : les nouvelles du départ en guerre
Page 3 colonne 3 : les préparatifs de la guerre à Compiègne et le départ des recrues
Journal du 30 juillet :
Parcourir le journal où les informations du front sont très filtrées ; rien n’apparait des premières difficultés rencontrées par l’Armée française
Le contexte historique
Le chancelier du royaume de Prusse, Bismarck, qui a été nommé Premier ministre en 1862, se consacre dès son entrée en fonctions à regrouper les Etats allemands sous la direction du roi Guillaume Ier. En 1866, il ruine les ambitions hégémoniques de l’Autriche par la victoire de Sadowa, et parvient à réunir les Etats allemands du Nord à la Prusse. Il lui reste à réaliser l’unité avec les pays allemands du Sud. Il va chercher à abaisser la France, dont la position diplomatique est un obstacle pour souder les États allemands et ouvrir la voie à l’unité allemande. Embarrasser la diplomatie française lui apparaît comme le moyen le plus efficace d’atteindre son but. La grande erreur de Napoléon III fut –après son entrevue avec Bismarck à Biarritz, en octobre 1865- de laisser la Prusse écraser l’Autriche à Sadowa (1866). Bismarck souhaitait une grande guerre nationale contre la France afin de sceller l’unité des Allemands sur les champs de bataille ; il est bien informé des réalités de l’armée française, vieillissante, fort peu préparée à une guerre européenne, démoralisée par le désastre de l’expédition du Mexique (soldats mal équipés, mauvais positionnement des dispositifs, absence de chefs de valeur). Il sait en conséquence qu’une guerre pourrait servir les objectifs allemands de la Prusse.
La candidature, le 21 juin 1870, du Prince allemand Léopold de Hohenzollern au trône d’Espagne, vacant depuis la révolution espagnole de septembre1868, est l’élément déclencheur de la guerre. Le 6 juillet, le duc de Gramont, ministre français des Affaires étrangères, annonce que la France s’oppose à cette candidature. Le12 juillet, Léopold de Hohenzollern- retire sa candidature. Le 13 juillet, alors que la France lui demande, par l’intermédiaire de son ambassadeur Benedetti envoyé auprès de lui dans la ville d’eaux d’Ems de garantir le retrait de Léopold, le roi Guillaume de Prusse, agacé, fait confirmer la renonciation du prince, en ajoutant qu’il « n’a plus rien d’autre à dire à l’ambassadeur »
Cependant son télégramme (la dépêche d’Ems), relatant son entretien avec l’ambassadeur de France, est réécrit par le Chancelier Bismarck (même si Léopold s’est bien retiré), pour laisser croire à un congédiement humiliant de l’ambassadeur de manière à provoquer l’indignation des Français.
La presse parisienne dénonce l’affront. La mobilisation, arrêtée secrètement le 13 juillet, est signée le14. Le15, elle est approuvée par le Corps législatif. Malgré les ultimes avertissements d’Adolphe Thiers (« Vous n’êtes pas prêts ! », criait-il aux parlementaires belliqueux), le Corps législatif français vote aussi les crédits de guerre. Le15 juillet, le maréchal Bazaine est placé à la tête du 3 corps de l’Armée du Rhin. La guerre fut acceptée « d’un cœur léger », selon l’expression d’Emile Ollivier –républicain rallié à l’empire et alors chef du gouvernement- par le Corps législatif, mais aussi par l’opinion publique. « Nous sommes prêts et archi-prêts, il ne manque pas à notre armée un bouton de guêtre ! » déclare le général Le Bœuf, ministre de la guerre. Napoléon III, vieillissant et malade, se laisse entraîner et sera incapable d’assumer ses fonctions de commandant en chef, d’où la capitulation de Sedan (2 septembre 1870).
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Journal du 10 septembre 1870: la défaite française et la capture de l'Empereur à SedanJournal du 17 septembre 1870 : Compiègne attend l'arrivée des troupes allemandes
Journal du 28 septembre 1870 : l'Oise occupée
Ce que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 10 septembre :
Page 1, colonne 1 : les dernières nouvelles du front, un article de Léon Gambetta
Page 2 , colonne 5 : une correspondance de la bataille de Sedan, datée du 4 septembre ; la capitulation de l’Empereur et suite de l’article page 3, colonne 1, 2 et 3
Page 3 , colonne 4 : les nouvelles de Compiègne et les mesures prises dans l’attente de l’arrivée des Allemands
Journal du 17 septembre :
Page 1 colonnes 2, 3 et 4 : arrivée des allemands à Château Thierry et attente de Compiègne, ville encerclée par les troupes ennemies
Parcourir la page 2 où sont relatés les mouvements des troupes Prussiennes autour de Compiègne
Page 3, colonne 1 : arrivée des Uhlans place de l’Hôtel de Ville
Page 4 colonne 1 : un appel de Victor Hugo à la fraternité des peuples
Page 4, colonne 3 : récit de la prise des Tuileries le 4 septembre
Journal du 28 septembre :
Parcourir l’ensemble du journal qui relate l’occupation commune par commune
Le contexte historique
Après l’affront de la dépêche d’Ems, provocation du chancelier Bismarck, la presse parisienne appelle à la guerre. La mobilisation est signée le 14 juillet. Le 15, elle est approuvée par le Corps législatif. Malgré les ultimes avertissements d’Adolphe Thiers (« Vous n’êtes pas prêts ! », criait-il aux parlementaires belliqueux), le Corps législatif français vote aussi les crédits de guerre. Le 16 juillet, le maréchal Bazaineest placé à la tête du 3 corps de l’Armée du Rhin. Le 19 juillet, Napoléon III poussé par une opinion publique enflammée -notamment par la presse- déclare la guerre à la Prusse. Les États allemands prennent alors parti pour la Prusse qui paraît agressée. Cette décision provoque un rassemblement enthousiaste des Parisiens devant le palais des Tuileries. Peu se rendent compte que l’armée française est mal préparée à cette guerre. Les Allemands mettent au point une stratégie offensive, alors même que les Français sont persuadés que ceux-ci n’attaqueront pas
Au début du conflit, la France dispose de 265 000 soldats réunis dans l’Armée du Rhin contre 500 000 soldats prussiens auxquels s’ajoutent les forces de quatre États allemands du sud, soit un total de 800 000 soldats. La mobilisation terminée, les troupes françaises comptent 900 000 soldats contre 1 200 000 soldats allemands et prussiens.
L’armement français est moins adapté à la guerre moderne : le canon Krupp allemand en acier se charge par la culasse, tandis que son homologue français est en bronze et se charge par la bouche
Enfin ce conflit (après la guerre de sécession américaine) marque le déclin irrémédiable de la cavalerie qui avait dominé les champs de bataille pendant 150 ans. La cavalerie française était supérieure à celle des prussiens mais l’artillerie prussienne rendait les charges de la cavalerie française inutiles.
Le 27 juillet, l’impératrice Eugénie est nommée régente de l’Empire.
Le 28 juillet, Napoléon III, accompagné du prince impérial âgé de 14 ans, se rend à Metz pour prendre la tête de l’armée ; or il est malade et incapable d’assumer le commandement en chef. L’armée prussienne avait au contraire à sa tête un chef remarquable, von Moltke.
Le 4 août, bataille de Wissembourg première bataille qui se solde par la retraite des troupes françaises du maréchal Mac Mahon devant les troupes prussiennes du Kronprinz.
Le 6 août, bataille de Froeschwiller-Woerth lors de laquelle la IIIe armée allemande du Kronprinz de Prusse met en déroute les troupes françaises du maréchal de Mac-Mahon. Strasbourg, investie dès le 9 août, capitula le 28 septembre.
Le 12 août, Napoléon III, malade, laisse le maréchal Bazaine prendre la tête de l’armée.
Le 16 août : bataille de Mars la Tour en Moselle. Les restes de l’armée du maréchal de Mac-Mahon se replient sur le camp de Châlons.
Le 20 août, début du siège de Metz -où Bazaine a été contraint de s’enfermer avec 177.000 hommes- par la IIeme armée prussienne.
Le 25 août, ayant reconstitué une armée le maréchal de Mac-Mahon, accompagné de Napoléon III, passe à l’offensive avec 120 000 soldats pour tenter de percer les troupes prussiennes et dégager le maréchal Bazaine de Metz. Il doit cependant prendre la direction de Sedan, car la route directe est barrée par les armées prussiennes.
Le 31 août, deux armées prussiennes, avec 240 000 hommes et 700 canons, sous les ordres des princes royaux de Prusse et de Saxe à la poursuite des troupes françaises du maréchal de Mac-Mahon, la bataille de Sedan commence
Le 1er septembre : Dès le début, en observant les combats de Bazeilles, le maréchal de Mac-Mahon est blessé, et remplacé par le Général Ducrot puis par le général de Wimpffen. Cette succession de chefs engendre un plan de bataille incohérent. Au final, les troupes désorganisées se replient sur la citadelle de Sedan. Encerclées et sous le feu de l’artillerie des Allemands qui tire sur la ville citadelle, Napoléon III fait hisser le drapeau blanc, pour éviter un massacre. Il est 16h30 la bataille est perdue. Le général de Wimpffen commande la reddition de la ville.
Le 2 septembre, L’empereur Napoléon III est fait prisonnier.
Le 3 septembre : Napoléon III est emmené en captivité en Allemagne
A Paris, les républicains demandent le 3 septembre la déchéance de l’Empire. Le 4, le peuple envahit le Palais-Boubon, et Léon Gambetta à la tribune proclame la chute du régime impérial. Accompagné de Jules Favre et de Jules Ferry, il se rend à l’hôtel de ville et proclame la république : un gouvernement provisoire, sous la direction de Favre et du général Trochu, est constitué. C’est un Gouvernement de défense nationale, qui ordonne la résistance à outrance avec des éléments improvisés mais il ne réussira qu’à prolonger la lutte.
Le 13 septembre les troupes allemandes occupent la vallée de l’Oise et de l’Aisne ; un détachement de uhlans entre pendant quelques heures dans Compiègne
Le 20 septembre, le siège de Paris commence et va se prolonger jusqu’à l’armistice (28 janvier 1871). L’armée de la Loire, commandée par d’Aurelle de Paladines, celle du Nord, commandée par Faidherbe, celle de l’Est, commandée par Bourbaki, après quelques succès initiaux, échouent dans leurs tentatives de sauver Paris.
Les préliminaires de Versailles (26 février) furent confirmés par le traité de Francport (19 mai 1871). La France perdait l’Alsace (moins Belfort, que la défense de Denfert-Rochereau avait sauvegardé), et une partie de la Lorraine (avec Metz). L’occupation d’une partie du territoire national était prolongée jusqu’au paiement d’une indemnité de cinq milliards de francs. De cette guerre allait s’ensuivre une guerre civile, la Commune de Paris ; ainsi que, -suite à la volonté de Revanche, et du refus d’abandon de l’Alsace-Lorraine- la Grande Guerre (1914-1918).
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Journal du 8 avril 1871Journal du 27 mai 1871, la fin de la Commune
Ce que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 8 avril 1871 :
Voir Page 1 : le déroulement des évènements dans Paris où les combats ont débuté ; le journal est favorable aux fédérés contre les Versaillais (voir page 1, en bas de la colonne 4 où l’on parle des « bandits de Versailles« )
Journal du 27 mai 1871 :
Voir page 1 colonne 1: Le journal change son point de vue ; les « bandits sanguinaires » sont maintenant les fédérés ; lire colonnes 4 et 5 la description de Paris en flammes
Voir page 2 colonne 2, les évènements vus de Compiègne
Le contexte historique
Dernière révolution du XIXe siècle et première tentative d’une dictature du prolétariat, la Commune fut l’aboutissement d’une tradition révolutionnaire puisque la commune établie à Paris à la suite du 14 juillet 1789, devenue insurrectionnelle –aux mains des jacobins après le 10 août 1792- organisa les massacres de septembre et la Terreur, mais après la chute de Robespierre elle fut réprimée et dissoute en municipalités distinctes.
Le second Empire vit la croissance de l’industrie et de la classe ouvrière à laquelle fut d’ailleurs reconnu le droit de grève. La liberté de réunion -loi de 1868- permit la propagande révolutionnaire.
En juillet 1870, Napoléon III entreprend une guerre mal préparée contre la Prusse qui le conduit rapidement à la défaite. Le4 septembre 1870, à la suite d’une journée d’émeute parisienne, l’Empire est renversé et un Gouvernement de Défense nationale s’installe à l’Hôtel de Ville de Paris pour poursuivre la guerre contre les États allemands dont les troupes occupent la partie nord du pays. Au cours de l’hiver 1870-71, Paris est assiégé et connaît une grave famine. Jules Favre signe un armistice avec le chancelier allemand Bismarck qui prévoit, outre la fin des hostilités pour une période de quinze jours renouvelables, la convocation d’une Assemblée Nationale, chargée de décider de la poursuite de la guerre ou de la conclusion de la paix.
Les élections du 8 février, organisées dans la précipitation pour signer au plus vite l’armistice, envoient une forte proportion de monarchistes, candidats des listes « pour la paix », à l’Assemblée nationale. En revanche, la plus grande partie des élus de Paris sont des républicains, des listes « pour la guerre », souvent extrémistes. En effet le peuple parisien pense s’être correctement défendu et ne se considère pas comme vaincu. Il existe un fossé grandissant entre les provinces et la capitale, confinant parfois à l’exaspération, la guerre ayant été déclenchée en grande partie sous la pression de la rue parisienne.
Depuis le 17 février, le gouvernement de la République est dirigé par Adolphe Thiers ; il cherche à conclure un traité de paix avec la Prusse. Les Parisiens, qui ont supporté un siège très dur, veulent « protéger Paris des Prussiens » et ouvrir une nouvelle ère politique et sociale.
C’est donc l’épreuve de force entre les royalistes, grands bourgeois et conservateurs provinciaux, tous favorables à une paix rapide avec l’Allemagne, retirés à Versailles et les classes populaires parisiennes (essentiellement celle des quartiers de l’est et du nord parisiens) qui ont été les principales victimes de la famine qu’a causé le siège de Paris et craignent de se voir une nouvelle fois frustrées des bénéfices de « leur » révolution de septembre 1870 (renversement du Second Empire).
L’Assemblée, méfiante du Paris populaire toujours prêt à s’enflammer, décide, le 10 mars, de siéger à Versailles et une politique sociale qui va mettre en difficulté une partie des Parisiens. Elle décide la suppression du moratoire des effets de commerce, des loyers et des dettes. De nombreux ouvriers, artisans et commerçants se voient menacés dans leurs moyens de vivre. De plus, l’assemblée supprime la solde quotidienne de 1,50 franc des soldats de la Garde Nationale
Le 17 mars, le gouvernement de Thiers tente de récupérer les canons qui se trouvent sur la butte de Montmartre. Mais les Parisiens refusent que les troupes françaises les emmènent et craignent que les Prussiens, entrés dans la ville, ne s’en emparent. Population et soldats fraternisent.
Thiers gagne Versailles, suivi d’environ 100 000 Parisiens, provenant surtout des quartiers chics de l’ouest parisien ou fonctionnaires. Les élections sont organisées le 26 mars pour désigner les 92 membres du Conseil de la Commune.
Rapidement, le Conseil de la Commune se divise en « majorité » et « minorité » :
– Les majoritaires sont les « jacobins », les « blanquistes » et les « indépendants ». Pour eux le politique l’emporte sur le social. Se voulant les continuateurs de l’action des Montagnards de 1793, ils voteront toutes les mesures sociales de la Commune. Ce sont eux qui imposeront la création du Comité de Salut public le 28 avril par 45 voix contre 23.
– Les minoritaires sont les « radicaux » et les « internationalistes » proudhoniens, ils s’attachent à promouvoir des mesures sociales et anti-autoritaires, ils sont les partisans de la République sociale et refusent la création du Comité de Salut public.
Le Conseil de la Commune prend de nombreuses mesures : délai de trois ans pour régler ses dettes et les échéances, réquisition des locaux vacants au profit des sinistrés des bombardements allemands, distribution de la nourriture dans des cantines municipales, mais aussi création des premiers mouvements féministes, liberté de la Presse, salaire plafonné pour les fonctionnaires, tentative d’amélioration de la condition des travailleurs par l’auto gestion d e ceux-ci, enseignement laïcisé …..Cependant l’appel à l’autonomie absolue de toutes les communes de France rencontre peu d’écho, ni celui aux travailleurs des campagnes. L’arrestation des otages, dont l’archevêque de Paris, Mgr Darboy, provoqua une indignation générale ; tous les grands écrivains de l’époque, dont Hugo et Zola, se montrèrent hostiles à la Commune.
A partir du 2 avril, les « Versaillais » passent à l’attaque les premiers et s’emparent du Mont Valérien, de Courbevoie et de Puteaux. Le 5 mai ils s’emparent du village de Clamart et le 13 du fort de Vanves, le 21 mai ils pénètrent dans Paris par la Porte de Saint Cloud ; alors commence la Semaine sanglante ; les derniers combats se déroulèrent dans le cimetière du Père Lachaise le 28 mai.
La répression contre les Communards fut impitoyable : 20 000 fusillés, 5000 déportés. Les lois d’amnistie n’interviendront qu’en 1880. Aux fusillades des Versaillais répondirent les massacres des otages et de gendarmes. Les communards incendièrent de nombreux monuments : les Tuileries, la Cour des comptes, le Conseil d’Etat, le palais de la légion d’honneur, le ministère des finances.
Karl Marx qui avait souhaité en 1870 la victoire des Prussiens sur la France (lettre à Engels) finit par saluer la Commune en tant qu’une phase essentielle du mouvement révolutionnaire ; elle fut aussi invoquée lors de la crise française de 1968.
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Journal du 18 septembre 1901Ce que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 18 septembre 1901 :
Lire pages 1 et 2 : tout les détails de la visite du Tsar et ses conséquences sur la vie locale
Le contexte historique
La France, défaite en 1870, n’accepte pas l’amputation de l’Alsace-Lorraine et rêve de la « revanche ». Bismarck avait réussi à maintenir le pays isolé, mais en 1890, Guillaume II choisit l’alliance de l’Autriche-Hongrie contre celle de la Russie. La nouvelle politique de Guillaume II, la rivalité austro-russe dans les Balkans, et le besoin de capitaux, les fameux emprunts russes, poussent la Russie du tsar Alexandre III à un rapprochement franco-russe en 1891. C’est pour la France la fin de l’isolement. La visite d’une escadre française à Cronstadt, en juillet 1891, puis celle d’une escadre russe à Toulon, en octobre 1893, provoquent un enthousiasme réciproque. Un projet de convention militaire, signé en août 1892, est entériné en décembre 1893.
Les visites du tsar Nicolas II en France Fidèle à la politique de son père, le tsar Nicolas II vient en France dès octobre 1896 et visite Cherbourg, Paris et le camp de Châlons. Puis, quand Nicolas II accepte l’invitation de l’empereur Guillaume II à assister à une revue de la marine allemande, la France obtient elle aussi la venue du tsar. Le couple impérial se rend donc en France du 19 au 21 septembre 1901. Trois étapes sont prévues : Dunkerque, Compiègne et Reims ; les souverains repartant ensuite à Darmstadt, patrie de la tsarine, née Alice de Hesse.
Le choix de Compiègne s’explique par sa situation non loin de Reims et à proximité de Paris; le président de la République, Emile Loubet, grand chasseur et connaissant à ce titre le palais de Compiègne, l’estime seul digne d’abriter ses invités. Abandonné depuis 1870, le château est en partie démeublé et il faut tout réaménager. L’électricité est fournie à partir de machines installées « À tous les diables » (faubourg de la Porte-Chapelle). La sécurité est assurée par une nuée d’agents. Les appartements de l’empereur sont affectés au Tsar et ceux de l’Impératrice à la Tsarine, tandis que leur suite loge dans l’appartement de Marie-Antoinette. Le président Loubet et les ministres sont logés dans d’autres parties du château.
Le mercredi 18 septembre, le Tsar et la Tsarine arrivent à Dunkerque où ils sont accueillis par Emile Loubet, Armand Fallières, président du Sénat, Paul Deschanel, président de la Chambre des députés, Waldeck-Rousseau, président du Conseil, et Delcassé, ministre des Affaires étrangères. L’escadre française est passée en revue.
À Compiègne, 20 000 visiteurs venus par des trains spéciaux se pressent, sans compter les 11 000 hommes de troupe qui, alignés le long des trottoirs, contiennent la foule ou escortent le cortège officiel. Le mauvais temps provoque un grand retard et le train présidentiel, n’arrive à la gare de Compiègne qu’à huit heures du soir. Alphonse Chovet, maire de Compiègne accueille les souverains et offre à l’Impératrice un bouquet de bruyères de la forêt, dans un vase en argent massif. Des landaus conduisent les personnalités au château. Mesdames Loubet, Waldeck-Rousseau et Delcassé accompagnent la Tsarine et Emile Loubet le Tsar, jusqu’à leurs appartements respectifs.
Le jeudi 19, les invités, sauf les dames, partent pour Reims assister à de grandes manœuvres puis visiter la cathédrale, et ne reviennent à Compiègne que pour le dîner.
Le vendredi 20 se passe tout entier à Compiègne. Les souverains se promènent à pied dans le parc, déjeunent dans l’intimité et reçoivent en audience ; suivent une visite en voiture du Grand Parc puis le baptême du petit-fils du marquis de Montebello — ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg — dont le Tsar a accepté d’être le parrain. Ce même après-midi, Loubet et Waldeck-Rousseau se rendent à l’hôtel de ville où le maire leur montre la charte de commune, octroyée en 1153. La journée s’achève avec un fastueux dîner dans la galerie de bal puis une représentation au Petit Théâtre aménagé par Louis-Philippe : Julia Bartet y dit une pièce en vers d’Edmond Rostand et on y joue du Musset, « Il ne faut jurer de rien ».
Le samedi 21 au matin, les souverains et leurs hôtes quittent définitivement Compiègne afin d’assister à la revue militaire de Bétheny, près de Reims.
Ce séjour des souverains russes redonne de l’éclat au château de Compiègne. Le successeur de Chovet à la mairie, le banquier Gournay, invité pour la commémoration du bicentenaire de la fondation de Saint-Pétersbourg en mai et juin 1903, sera reçu par le Tsar.
Après une vaine tentative de Guillaume II pour briser l’alliance franco-russe (traité de Bjorkö, juillet 1905), la diplomatie française réussit à rapprocher l’Angleterre et la Russie (convention anglo-russe du 31 août 1907). L’alliance franco-russe et l’Entente cordiale franco-britannique aboutirent ainsi à la Triple Entente, opposée à la Triple-Alliance ou Triplice (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) jusqu’en 1914 ; la victoire de la Marne fut alors permise par l’offensive russe en Prusse orientale.
C’est au château de Compiègne, qu’en septembre 2006 se rencontrèrent : le président Jacques Chirac, Angela Merkel, chancelière allemande, Vladimir Poutine, chef du gouvernement russe.
Texte de François Callais, tiré de « Mémoire de Compiègne », ed. J. Marseille
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2 aout 1914 , la mobilisation générale5 aout 1914, la déclaration de guerre
Ce que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 2 août 1914 :
Lire page 1 : la mobilisation générale en France et à Compiègne
Lire page 2, colonne 1 et suivantes : Compiègne se prépare à la guerre
Journal du 8 août 1914 :
Lire pages 1 et 2 : la guerre est déclarée ; appel du Maire de Compiègne
Page 2 colonne 4 : la mobilisation à Compiègne
Le contexte historique
Cette première guerre mondiale eut surtout des causes lointaines et fut l’aboutissement des rivalités impérialistes qui déchiraient l’Europe un demi-siècle et se traduisaient dans le jeu des alliances : Allemagne et Autriche-Hongrie puis Triplice (avec l’Italie), France et Russie puis Triple Entente (avec la Grande-Bretagne). Les responsabilités dans le déclenchement de cette tragédie apparaissent très partagées.
Le détonateur du processus aboutissant à la guerre est le double assassinat de l’archiduc François –Ferdinand, héritier du trône d’Autriche- Hongrie et de son épouse, à Sarajevo le 28 juin 1914 par un étudiant nationaliste serbe de Bosnie. Les autorités autrichiennes soupçonnent immédiatement la Serbie voisine d’être à l’origine du crime et pensent avoir trouvé le prétexte d’en finir avec le foyer pro-slave que constitue la Serbie. En Allemagne, l’empereur Guillaume II assure l’Autriche de son appui inconditionnel et lui conseille la fermeté. Après concertation avec l’Allemagne, le 23 juillet, l’Autriche-Hongrie lance un ultimatum en dix points à la Serbie dans lequel elle exige que les autorités autrichiennes puissent enquêter en Serbie. Le lendemain, à l’issue de son Conseil des ministres tenu sous la présidence du Tsar Nicolas II à Krasnoïe-Sélo, la Russie ordonne la mobilisation générale pour les régions militaires d’Odessa, Kiev Kazan et Moscou ainsi que pour les flottes de la Baltique et de la mer Noire. Les Serbes décrètent la mobilisation générale le 25 et, au soir, déclarent accepter tous les termes de l’ultimatum, hormis celui réclamant que des enquêteurs autrichiens se rendent dans le pays. Suite à cela, l’Autriche rompt ses relations diplomatiques avec la Serbie, et ordonne le lendemain, une mobilisation partielle contre ce pays pour le 28, jour où, sur le refus d’approuver son ultimatum lancé 5 jours plus tôt, elle lui déclare la guerre.
Le 29 juillet, la Russie déclare unilatéralement – en dehors de la concertation prévue par les accords militaires franco-russes – la mobilisation partielle contre l’Autriche-Hongrie. Le chancelier allemand Bethmann-Hollweg se laisse alors jusqu’au 31 pour une réponse appropriée. Le 30, la Russie ordonne la mobilisation générale contre l’Allemagne. En réponse, le lendemain, celle-ci déclare l’état de guerre le 31 juillet. L’empereur d’Allemagne Guillaume II demande à son cousin le tsar Nicolas II de suspendre la mobilisation générale russe. Devant son refus, l’Allemagne adresse un ultimatum exigeant l’arrêt de sa mobilisation et l’engagement de ne pas soutenir la Serbie. Un autre est adressé à la France, lui demandant de ne pas soutenir la Russie si cette dernière venait à prendre la défense de la Serbie. En France, Jean Jaurès est assassiné à Paris le 31 juillet. Le 1 août, à la suite de la réponse russe, l’Allemagne mobilise et déclare la guerre à la Russie.
En France, le gouvernement décrète la mobilisation générale le même jour, à 16h00. Le lendemain, l’Allemagne envahit le Luxembourg, un pays neutre et adresse un ultimatum à la Belgique, elle aussi neutre, pour réclamer le libre passage de ses troupes. Au même moment, l’Allemagne et l’Empire ottoman signent une alliance contre la Russie. Le 3 août, la Belgique rejette l’ultimatum allemand. L’Allemagne, qui entend prendre l’initiative militaire selon le plan Schlieffen, déclare la guerre à la France qui, à l’ultimatum allemand, avait répondu que « la France agirait conformément à ses intérêts » mais avait retiré ses troupes de plusieurs kilomètres fin d’éviter tout accident à la frontière et prouver sa bonne foi.. Le Royaume-Uni déclare qu’elle garantit la neutralité belge, et réclame le lendemain que les armées allemandes, qui viennent de pénétrer en Belgique, soient immédiatement retirées. Le gouvernement de Londres ne reçoit aucune réponse, et déclare donc la guerre à l’Allemagne. Seule l’Italie, membre de la Triplice qui la lie à l’Allemagne et à l’Autriche, se réserve la possibilité d’intervenir plus tard suivant les circonstances. Le 6 août, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie aux côtés de l’Allemagne. Le 11, la France déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie, suivie par l’Angleterre le 13. Le Japon, allié de la Grande-Bretagne, déclara la guerre à l’Allemagne le 23 août. Enfin, le 29 novembre, la Turquie-plus ou moins liée à l’Allemagne depuis les débuts de la construction du chemin de fer de Bagdad- se range à ses côtés.
Lorsque la mobilisation est décrétée en France le 1 août 1914, beaucoup pensent que la guerre sera courte. La guerre va durer quatre ans et embraser le Monde.
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Journal du 29 mai 1923 : Les premières fêtes du Muguet à CompiègneCe que vous découvrirez dans ce journal
Voir page 1 : le compte rendu de la fête du muguet et les espoirs que cette fête aura un echo national
Voir page 2 colonne 1 : la remise des prix de vertu
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Journal du 8 juin 1923 : L'inauguration de l'usine Saint-Gobain à ChantereineCe que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 8 juin 1923 :
Lire Page 1 : l’inauguration de l’usine Saint-Gobain à Thourotte
Le contexte historique
Compiègne ville royale et impériale, ville résidentielle avant la Grande Guerre, géographiquement située entre forêt et rivière, n’avait jamais vu se développer une activité industrielle dans ses murs avant les années 20. Essentiellement tournée vers le tourisme, importante ville de garnison, plaque tournante du commerce et du monde agricole, Compiègne connaissait une activité artisanale, si l’on exclut les multiples ateliers de brosserie et de caisserie tirant profit des bois de la forêt que l’on trouvait dans le Compiégnois.
Il faut attendre les années 25 pour voir apparaitre une industrie dans les villages autour de la ville : la Nourylande à Venette, Les Ateliers de Construction, La Soie de Compiègne, remplacée en 1930 par les pneux Englebert, les usines Saint-Gobain de Thourotte.
Mais le réel décollage industriel attendra les années 50 : sous l’impulsion du Maire, Jean Legendre, se crée alors une zone industrielle dans les quartiers nord de la ville, avec notamment l’implantation de l’usine Colgate Palmolive ; puis en 1970 l’Université qui permet un développement important des activités tertiaires.
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Journal du 8 mai 1935 : Le lendemain des élections municipalesCe que vous découvrirez dans ce journal
Journal du 8 mai 1935 :
Lire page 1 : les adieux du Maire sortant, Fournier Sarlovèze, l’article de J. Mermet commentant le déroulement des élections et l’oeuvre de Fournier Sarlovèze
Le contexte historique
Le Maire de Compiègne,Fournier-Sarlovèze, mobilisé en 1914, avait été suppléé à la mairie par ses adjoints : le baron Henri de Seroux qui fit face aux Allemands, et Hector Martin. Lorsqu’il reprend en main sa mairie, avec l’aide de ses nouveaux adjoints, Couttolenc et le docteur Théry, il s’efforce de donner à tous les moyens de réparer, reconstruire et travailler. Le service public des régions libérées, installé au château, instruit les dossiers de dommages de guerre. Un plan de reconstruction et d’urbanisme est mis au point. L’ancien Hôtel-Dieu Saint-Nicolas est restauré, la Grosse Tour du Roi dégagée, le cloître Saint-Corneille enfin récupéré sur l’armée, la banque de France reconstruite sur la place du Château et le nouveau pont achevé en 1926. L’extension, en partie de maisons modestes, se poursuit jusqu’au boulevard Gambetta ainsi que dans les faubourgs de la Porte-Chapelle et Saint-Germain, à côté de lotissements bourgeois en lisière de forêt.
Fournier-Sarlovèze est plein de projets, mais certains sont trop audacieux. Il prévoit la création d’une zone industrielle dans la plaine de Choisy, des logements aux Sablons, l’annexion par la ville des champs de manœuvre. .. tout ceci ne se réalisera que beaucoup plus tard. Il prévoit aussi un inacceptable lotissement de luxe dans le Grand Parc, afin de contourner l’obstacle du château qui gêne le développement de la ville. Si les avenues et le Grand Canal, siège du port de plaisance, sont réunis au domaine de la ville en 1933, le château repousse les projets d’hôtel des Invalides et d’université anglaise.
Compiègne, résidence cynégétique, hippique et sportive, est de plus en plus concurrencée par des sites plus dépaysants. L’aristocratie, nourricière de l’économie, s’appauvrit et se disperse. La colonie étrangère se fait rare et l’église anglicane de l’avenue Thiers n’a plus qu’un service mensuel.
Fournier-Sarlovèze qui incarne la droite sociale catholique développe un réseau d’œuvres d’assistance : le dispensaire-école de la Croix-Rouge s’installe dans l’hôtel d’Artois, 16, rue le Féron, l’ancien pensionnat des sœurs de Saint-Joseph de Cluny est transformé en hôpital chirurgical, un préventorium ouvre à La Faisanderie, l’hôpital général s’agrandit et la Fondation Debruxelles s’établit au faubourg de la Porte-Chapelle.
Plusieurs sociétés maintiennent une activité mondaine ou culturelle : Cercle compiégnois, Amis des arts (salons annuels), Amis de Compiègne (conférences au château), Société historique (de Bonnault d’Houët à Carolus Barré père). Si l’Union sociale, puis artistique présente des spectacles d’amateurs, le Studio, fondé par Gaston Briet-Daubigny, sélectionne ce qu’offre de mieux la capitale. Les annuelles Fêtes du muguet cohabitent, depuis 1922, avec les extraordinaires Fêtes de Jeanne d’Arc; celle de 1930, minutieusement préparée dans la demeure même du maire au château des Sablons, est reprise en 1935 alors même que celui qui semble l’immuable souverain de Compiègne vient d’être renversé. Un trop long règne avait accumulé lassitudes, rancunes et ambitions déçues.
La chute et la succession.
La Droite catholique se divise, suite à la querelle de l’Action Française. Le malaise économique, croissant depuis 1931, a peut-être aussi joué un rôle. Mais d’autres facteurs sont plus décisifs : il y a l’apparition entre Le Progrès de l’Oise, fidèle soutien du maire, et La Gazette de l’Oise, radical-socialiste, combative lors des élections législatives, d’un troisième larron, Le Messager de l’Oise qui s’en prend au secrétaire général de la mairie, Gabriel Trouvé, qualifié d’éminence grise de Fournier-Sarlovèze.
La conjoncture politique, favorable à la formule du Front Populaire –qui manifesta son unité à Paris le 14 juillet 1935- permet sans doute aux socialistes et même aux communistes de voter pour une liste compiégnoise où le radicalisme représente l’extrême gauche ; on y trouve même des proches de l’Action Française. Cette coalition si hétérogène a besoin d’un champion afin de l’emporter dans cette cité essentiellement bourgeoise, et c’est le baron de Rothschild. Fondé de pouvoir de banque, jusque-là maire d’Auffargis (Seine et Oise), chassant depuis 1922 en forêt de Compiègne, il ne s’inscrit sur les listes électorales de Compiègne qu’en 1935. Sa liste l’emporte et le mouvement vers la gauche s’accentue aux élections législatives.
La municipalité Rothschild poursuit en fait l’œuvre de Fournier-Sarlovèze et lui rend hommage à sa mort, en juillet 1937, mais elle n’a guère le temps de faire ses preuves, une autre guerre menace et va à nouveau tout bouleverser.
Texte de F. Callais, extrait de « Mémoire de Compiègne », ed. J. Marseille





