Conférence donnée par Marc DESTI, conservateur général du Patrimoine honoraire, président de la SHC.
Le palais impérial de Compiègne comportait depuis le règne de Louis-Philippe un théâtre de Cour devenu trop exigu et dont la petite taille de la scène en particulier effrayait les danseuses qui manquaient parfois de plonger dans la fosse d’orchestre. L’empereur Napoléon III décida donc de doter sa résidence d’une vaste salle au plus près car à l’intérieur du palais cela n’était pas envisageable.
C’est l’architecte Gabriel Auguste Ancelet (Paris 1829 – Paris 1895), élève de l’École des Beaux-Arts (ateliers de Paul Lequeux et de Victor Baltard), Premier Grand prix de Rome en 1851, à l’âge de vingt-et-un ans, pensionnaire de la villa Médicis de 1852 à 1855 qui en sera choisi pour son édification. Après son séjour romain, il est chargé, en janvier 1858, par Napoléon III et Eugénie des résidences impériales de Pau, Biarritz et du château d’Artéaga, dans la province de Biscaye, près de Bilbao, propriété de l’impératrice. Il est nommé architecte du palais de Compiègne par arrêté du 18 juillet 1864.
Pour le décor intérieur, l’architecte eut recours au sculpteur Gustave Crauk (1827-1905), qui exécute dans la salle un cartouche aux armes impériales soutenu par deux renommées et quatre allégories, de la Danse, de la Musique, de la Comédie et de la Tragédie. Le peintre Jules Elie Delaunay (1828-1891), élève de Flandrin, reçut commande du décor en 1869. Le sujet choisi par Ancelet était L’Histoire du théâtre aux grandes époques de l’art. On y aurait vu s’il avait été posé Apollon, Pégase, l’Harmonie, La Mélodie, Eros, Prométhée, la Tragédie antique.
L’accès au théâtre depuis le palais se serait fait en traversant la galerie Natoire, édifiée en 1858 par l’architecte Jean Louis Victor Grisard (1797-1877), prédécesseur, d’Ancelet en charge du palais depuis le 7 octobre 1853. Son décor s’était achevé en 1859 avec la pose dans les boiseries des cartons de tapisseries de Charles Natoire sur le thème de Don Quichotte.
La guerre de 1870 mit fin brutalement aux travaux pourtant proches de l’achèvement. Ancelet reste également en fonction reste en fonction à Compiègne jusqu’en 1872 et si quelques menus travaux sont encore exécutés en 1873 (moulures et peintures) et en 1875 (pose des boiseries), le vaisseau va s’endormir pendant 120 ans.
Le samedi 7 février 2026, salle Le Chatelier, bibliothèque Saint-Corneille
Salle du Chapitre – Bibliothèque Saint-Corneille
